Binta Kaké : D’attaché de presse à… Créatrice de Mode luxe et Ecrivaine

Après une carrière d’attaché de presse dans les grandes maisons de luxe en France, Binta réalise un rêve fou : créer une marque de vêtements luxe Africaine éco-responsable.

Le pari ? Démontrer qu’élégance et respect de la nature sont compatibles en proposant une ligne de prêt à porter fraîche et moderne qui peut être portée à Accra, Milan, New-York ou Shanghai. Et le résultat est exceptionnel !

Multipotentielle, Binta est aussi écrivain et a écrit une série de trois livres dont un est publié sur Amazon. Dans cet entretien, elle nous parle de son amour pour les mots et du rapport que les femmes noires ont à l’écriture.
Retour sur son engagement entrepreneurial, et l’équilibre qu’elle a trouvé, grâce à l’écriture.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

J’ai toujours eu une âme créative, depuis toute jeune. La première passion qui ressortait était l’univers de la mode et du luxe. J’ai fait une licence en Communication obtenue à la Sorbonne et un master en Médiation Culturelle dans un établissement spécialisé dans les métiers de l’art et de la culture. Alors que j’étais encore étudiante, j’ai eu l’opportunité de faire mes premiers stages dans des maisons de couture comme Chloé et Gucci et j’ai eu mon premier emploi chez Ralph Lauren au service Presse et Communication. J’ai fait un court passage chez Christian Dior avant de m’envoler pour New-York avec mon époux qui a décroché un poste là-bas.

Il a fallu recommencer à zéro à commencer par perfectionner mon anglais, faire des stages et parallèlement chercher un poste. Au bout d’un an, j’ai rejoint la marque Altuzarra en tant que manager en relations presse.
J’ai également entamé une formation en Brand Management au Fashion Institute of Technology (FIT), en cours du soir, ce qui m’a permis de commencer le business plan de la marque de vêtements que mon époux et moi avions pour projet de fonder.

Quel a été le déclic pour passer à l’entrepreunariat ?

C’est à Lagos en 2015 que j’ai fait mes premiers croquis, peaufiner l’image de la marque et positionnement, puis plus tard à Accra, j’ai effectué la visite d’ateliers de confection. Nous avons fait nos premiers prototypes entre la France et le Ghana. Parce que notre objectif était de pouvoir répondre à la demande internationale et d’offrir un produit de haute qualité, notre voyage à l’Ile Maurice a également été décisif dans l’enregistrement de notre marque et la mise en place de partenariats durables avec des usines. En 2018, SEKBI Bogolan a pu être enregistré officiellement.

Les designers Africains sont de plus en plus audacieux. Ils affichent une vraie volonté de faire du “Made in Africa”, tout en sortant des sentiers battus pour toucher un public plus cosmopolite. Etre en terre Africaine nous a énormément inspiré et nous sommes fiers de faire partie de cette nouvelle génération créative !

Qu’est-ce-qui fait la spécificité de vos créations ?

Les pièces SEKBI Bogolan peuvent être portées au quatre coins du monde de Accra, à Paris en passant par Londres, Milan ou Shangai !

Pouvez-vous nous définir ce qu’est le luxe ? Il y a-t-il vraiment un marché du luxe en Afrique : c’est un mythe ou une réalité ?

Ensuite, il y a bien-sûr le choix des tissus et matériaux. En plus de répondre à des standards supérieurs, nous mettons un point d’honneur à respecter l’environnement et prendre en compte les effets négatifs que peut avoir l’industrie textile sur ce dernier. C’est pourquoi le sourcing est méticuleux et très sélectif pour maintenir notre niveau d’excellence.
Nous prenons en compte la qualité des matières, la société qui s’occupe de l’impression de notre motif est certifiée Oeko Tex, utilisant des produits non toxiques tout en étant consciente de la quantité d’énergie et d’eau utilisées. Des conditions de travail saines pour nos collaborateurs et usines partenaires sont également indispensables.

Enfin, lorsque nos clients passent commande, nous apportons une attention particulière au packaging et la présentation des collections.
Il y a une demande de plus en plus forte en Afrique pour le luxe, au cours des dernières années une clientèle aisée et cosmopolite a vu le jour et souhaite investir dans des pièces de qualité et longue durée, cependant il y a encore un gros travail de communication à faire pour que cet attrait pour la création luxe Africaine se démocratise.

Comment avez-vous trouvé vos premiers clients ?

Comment vous est venue l’envie d’écrire ?

Avec le recul, je crois que mon parcours d’écrivain a commencé là.

Mon père, qui nous a quitté, était journaliste, historien spécialisé sur l’Afrique et écrivain. Il était très influent dans son domaine et animait une émission sur RFI (Radio France International). Et je dois dire que par son aura, je sacralisais beaucoup la profession d’écrivain.
J’ai longtemps perçu l’écriture comme étant réservée à une élite qui avait fait de hautes études littéraires. Je n’avais pas, non plus, de femmes noires auxquelles m’identifier : l’univers de la littérature c’était surtout l’apanage des hommes, en général blancs relativement âgés. C’est beaucoup plus tard que j’ai heureusement découvert des écrivaines comme Chimamanda Ngozi
Adichie, Toni Morrison, Maya Angelou ou encore Maryse Condé.

Comment vous est venue l’idée de l’histoire de votre premier livre?

J’ai fait le pari de me lancer dans le registre délicat de l’érotisme encore peu exploité par les écrivains afros. Même si au cours de l’histoire et des livres, on en sort vite et ça reste un détail, ça a quand même son importance lorsque l’on est une femme noire qui écrit certaines choses.
J’ai choisi de prendre un pseudonyme et au début il n’était pas prévu que je montre mon visage mais plus j’avançais dans mon projet, plus j’ai ressenti le besoin d’assumer mon travail et mon style d’écriture. Mon alter ego m’a aussi beaucoup poussée à affronter la peur et revendiquer cette part de moi !

L’AUTRE c’est avant tout une histoire d’amour entre une femme et un homme qui s’étend sur plusieurs années. Le premier volet se focalise sur une liaison brève et intense entre les deux personnages à un moment clé de leur histoire. On est presque dans le registre du journal intime. Au fil des livres, j’ aborde les thématiques de la double culture, grandir et évoluer dans un pays autre que celui de ses parents, l’intégration, l’amitié, les premiers émois sexuels, la quête de soi etc…

Que pensez-vous du rapport que les femmes noires ont à l’écriture ? Pourquoi avez-vous choisi le genre érotique ?

C’était délibéré d’écrire librement et de me débarrasser d’une certaine pudeur, de tabous et surtout montrer la passion entre deux personnages noirs. Le réalisateur Spike Lee m’a beaucoup inspirée. Il a été l’un des premiers à montrer qu’il peut y avoir de la tendresse et de l’amour entre des personnes
noires à travers des scènes explicites et à montrer une image de la femme noire libérée sexuellement et indépendante à une époque où ça ne se faisait pas ; je pense au personnage de Nora Darling dans She Gotta Have It.

Pouvez-vous nous décrire votre semaine : comment conciliez-vous vos 2 activités ?

Dès que j’ai du temps et de l’énergie, je me mets face à l’écran et je pratique l’écriture intuitive, je laisse l’inspiration parler.

Quel est votre prochain projet d’écriture ?

Avez-vous des petits rituels d’écriture ?

Que retenir du parcours de Binta ?

Ou là trouver ?

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MATIFA AKIN AUTEURE
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Succès et Équilibre de vie au féminin I Créer le business qui vous ressemble pour retrouver du temps pour soi et ceux que vous aimez.

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